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Bonne fête à la jeunesse guadeloupéenne

Par Amadou CLEMENCEPublié le 12 août 2026 à 18:17• Mis à jour le 12 août 2026 à 19:50MMC AU CŒUR

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Bonne fête à la jeunesse guadeloupéenne

Bonne fête à la jeunesse guadeloupéenne

Crédit / Légende : génération ia - MMC

Ce 12 août marque la Journée internationale de la jeunesse. Loin des tableaux statistiques, des rapports déconnectés et des clichés stéréotypés qui collent trop souvent à la peau de nos filles et de nos fils, choisissons de poser un regard juste, humain et sans fard sur celles et ceux qui incarnent notre territoire. De la jetée de Grand-Bourg au calme majestueux du Nord Grande-Terre, en passant par le bouillonnement créatif de CAP EXCELLENCE, raconter notre jeunesse, c’est raconter la Guadeloupe dans toute sa diversité, ses défis et sa formidable capacité de résister.

Pour comprendre la jeunesse guadeloupéenne, il faut d’abord épouser sa géographie et ressentir son quotidien.

Par exemple, regardons du côté des îles du Sud. À Marie-Galante, aux Saintes ou à La Désirade, grandir signifie apprivoiser très tôt l'éloignement. La réalité des jeunes de ces dépendances, c’est cette valise bouclée le dimanche après-midi, ce quai d'embarquement où l'on embrasse sa famille avant de prendre la navette pour rejoindre un lycée ou un centre de formation sur le « Continent ». C’est devoir mûrir plus vite que les autres, apprivoiser la solitude d'un logement ou d'un internat dès 14 ou 15 ans, et porter sur ses épaules le coût humain et financier de la double insularité. Pourtant, ces jeunes insulaires développent une force de caractère, une autonomie et un attachement viscéral à leur terre originelle qui forcent le respect.

Plus au nord, dans les grands espaces de Grande-Terre, d’Anse-Bertrand à Petit-Canal, d'autres réalités se dessinent. Loin du cœur économique de l’archipel, la jeunesse y fait face aux distances, à la rareté des transports et à l'isolement. Mais loin de se résigner, cette jeunesse réinvente son rapport au territoire. On y voit des jeunes qui réinvestissent la terre, qui lancent des projets locaux, qui utilisent le numérique pour casser les distances et qui prouvent que le talent et l'ambition ne s'arrêtent pas aux portes de l'agglomération centrale.

Il y a aussi le cœur battant de la région pointoise. À Pointe-à-Pitre, aux Abymes ou à Baie-Mahault, la jeunesse vit au rythme de l’urgence, de la vitesse et de la densité urbaine. C'est là que se concentrent les énergies, la culture, l'art, les initiatives associatives, mais aussi la pression sociale et les attentes. C'est cette génération qui arpente les zones d'activités à la recherche d'un premier emploi, qui monte des projets musicaux, sportifs ou digitaux dans les quartiers, et qui refuse qu'on la réduise à des difficultés d’insertion.

Cette jeunesse guadeloupéenne, dans son ensemble, ne cherche pas la charité ni les longs discours condescendants. Elle cherche des portes qui s’ouvrent, de la confiance et des opportunités réelles. Qu'elle choisisse de partir étudier ou se former pour acquérir des compétences, ou qu'elle se batte au pays au quotidien pour créer son propre emploi, elle fait preuve d'une vitalité remarquable. Elle invente, elle essaie, elle se trompe parfois, mais elle se relève toujours.

En conclusion :

On l’entend à chaque cérémonie officielle, dans chaque discours et sur tous les plateaux : « La jeunesse est l’avenir d’un territoire ». Cela paraît être une évidence indiscutable. Et pourtant, dans la pratique et au quotidien, cette formule reste trop souvent un vœu pieux. Aujourd'hui, un constat s'impose à nous : celui d'un manque de transmission et d'une érosion progressive du lien intergénérationnel. Si beaucoup ressentent l'existence d'un fossé grandissant entre la génération d'hier et celle à venir, c'est précisément là que réside notre plus grand chantier. On ne bâtit pas un avenir durable en coupant les racines, tout comme on ne transmet pas un flambeau sans tendre sincèrement la main. Il est temps de dépasser les discours de circonstance pour reconstruire ces passerelles indispensables entre nos aînés et nos jeunes. Transmettre les savoirs, écouter les aspirations nouvelles sans jugement, et réapprendre à faire bloc ensemble : c'est bien là que nous devons travailler. L'avenir de la Guadeloupe ne se fera ni sans sa jeunesse, ni en opposition avec elle, mais par un dialogue renouvelé entre toutes ses générations. Bonne fête à toute la jeunesse guadeloupéenne : vous n'êtes pas seulement l'avenir de ce pays, vous en êtes déjà le présent !

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