Une hausse des tarifs au travers de la gorge et un silence institutionnel
Derrière la carte postale d'une île paisible prisée durant les vacances, la réalité quotidienne des Marie-Galantais s'est alourdie ces derniers mois. Au micro d'Amadou CLÉMENCE, Jean-Pierre Castanet rappelle que le combat de son association Dialogue et Perspective Marie-Galante s'est intensifié avec la hausse unilatérale du prix des billets de bateau. Sous couvert de l'augmentation des carburants et de la crise du fret, une surcharge de 5 € par trajet a été appliquée par l'armateur privé FRS Express des Îles, portant le billet aller-retour à 34 € pour les résidents et 49 € pour le grand public.
« Ce n'est pas aux Marie-Galantais de payer la note pour permettre à une compagnie privée de maintenir ses marges », martèle le président de l'association. Face à cette situation, des courriers d'alerte ont été adressés aux plus hautes instances : présidence du Conseil Régional, présidence du Conseil Départemental et présidence de la Communauté de Communes de Marie-Galante (CCMG). Résultat à ce jour ? « Lettre morte. Aucun retour, et le gérant de la compagnie demeure indisponible par téléphone. »
Le navire Topaz dans le collimateur : « Comme une machine à laver »
Au-delà du portefeuille, c'est l'inconfort des traversées qui exaspère les usagers. Mis en service en remplacement d'unités plus performantes, le navire Topaz fait l'objet de vives critiques de la part des passagers. Durée de trajet rallongée d'une demi-heure (1 h 30 contre 1 h habituellement) et manque de stabilité par mer formée transforment chaque traversée en calvaire.
« Les gens vomissent, le bateau bouge dans tous les sens, c'est une véritable machine à laver ! », dénonce Jean-Pierre Castanet. Les personnes âgées et les enfants en sont les premières victimes. Si la réintroduction temporaire du Gold est réclamée par la pétition citoyenne réunissant plus de 4 000 signatures, l'armateur oppose la vétusté de ce dernier et l'obligation d'un arrêt technique de deux mois pour maintenance, laissant la population dans une impasse logistique.
Alerte sur la saturation : Quand les résidents ne peuvent plus voyager
Le pic d'affluence estival et les manifestations culturelles majeures sur l'île ont mis en lumière une autre faille majeure du système : la saturation totale des liaisons. Malgré l'ajout de plus de 50 rotations exceptionnelles lors des grands événements, les navires affichent complet des jours à l'avance.
Si l'effort de l'armateur est salué pour accroître l'offre globale, le problème de fond demeure pour les insulaires. Soignants, travailleurs, personnes devant se rendre en Guadeloupe continentale pour des soins ou des raisons familiales se retrouvent pris au piège, dans l'impossibilité de réserver un siège. Pour Jean-Pierre Castanet, une régulation est indispensable : « Il faut que l'armateur sanctuarise un quota de places réservées prioritairement aux Marie-Galantais. »
Gare maritime de Bergevin et jeu politique local : L'association affûte ses armes
Le tableau de la desserte ne serait pas complet sans évoquer les conditions d'accueil à la gare maritime de Bergevin à Pointe-à-Pitre, dont les aménagements et le confort sont jugés fortement dégradés sous la responsabilité du Grand Port Maritime de la Guadeloupe.
Interrogé sur les initiatives politiques locales, notamment la récente concertation organisée à la CCMG sous la houlette de sa présidente Maryse Etzol, Jean-Pierre Castanet indique ne pas y avoir été invité malgré son statut d'ancien 3ᵉ adjoint. S'il reconnaît la nécessité du dialogue engagé entre les maires, les parlementaires et la Région, l'homme politique marie-galantais ne cache plus ses ambitions pour l'avenir du territoire. Tout en affirmant entretenir des relations cordiales avec l'actuelle présidente de la CCMG, il prévient : « Pour les prochaines élections départementales, notre association entend pèser de tout son poids. »
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