Une provocation numérique qui s’inscrit dans un schéma d'ingérence
L’affaire aurait pu passer pour une énième bravade sur les réseaux sociaux. Le 7 septembre dernier, le président américain publiait une carte intégrant sous le drapeau des États-Unis un vaste espace territorial englobant la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.
Pourtant, pour le parlementaire guadeloupéen, l'heure n'est pas à l'ironie. Rappelant les déclarations répétées de Donald Trump à l’égard du Groenland ou du Canada, ainsi que les postures interventionnistes américaines récurrentes dans l’espace caribéen — singulièrement autour du Venezuela —, Victorin Lurel insiste sur la nécessité de prendre ces signaux très au sérieux.
Ce positionnement fait écho direct aux conclusions de la Revue nationale stratégique de 2025, citée dans sa missive. Le document de défense identifie en effet les Outre-mer comme des cibles de choix pour les opérations d’influence, la manipulation de l'information et les prédations économiques, amplifiées par la vulnérabilité de leurs économies et la convoitise suscitée par leurs immenses Zones Économiques Exclusives (ZEE).
Le rappel des engagements de la Loi de programmation militaire
Face à ces fragilités, le sénateur rappelle avoir fait voter au printemps dernier des amendements déterminants dans le cadre de l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM 2024-2030). Ces textes avaient précisément vocation à graver dans la loi :
Un renforcement permanent et tangible des moyens régaliens dans les bassins ultramarins ;
La sécurisation critique des liaisons numériques, sous-marines, satellitaires et maritimes ;
Une coordination accrue face aux réseaux de criminalité organisée qui alimentent les trafics d’armes et de stupéfiants dans l'arc antillais.
Deux exigences claires : des moyens chiffrés et une voix diplomatique
Ne se contentant pas de principes théoriques, Victorin Lurel met désormais l’exécutif hexagonal face à ses engagements à travers deux interpellations majeures :
À Catherine Vautrin (ministre des Armées) : Il réclame un chiffrage précis — le « quantum » — des effectifs humains et des équipements technologiques, navals et aériens qui seront concrètement déployés sur place pour surveiller nos approches maritimes et garantir l’intégrité des infrastructures critiques.
À Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères) : Il exige de connaître la riposte de la diplomatie française face à ce qu'il qualifie de manœuvres de déstabilisation américaines. Le sénateur insiste tout particulièrement sur la mise en place de stratégies de coopération régionale concertées, soulignant l'impératif d'y associer directement les collectivités locales de nos archipels.
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