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Débat institutionnel en Guadeloupe : « Le statut est un outil, l’urgence est le projet de société » — Laurence Maquiaba dans « On en parle ! »

Par Amadou CLEMENCEPublié le 17 août 2026 à 16:57• Mis à jour le 17 août 2026 à 17:01On en parle !

À l’heure où les discussions sur l’avenir institutionnel et statutaire occupent le devant de la scène politique en Guadeloupe, le débat démocratique exige du fond, de la clarté et une réelle confrontation d’idées. Dans ce grand entretien de « On en parle ! » diffusé sur MyMediaCaraïbes (MMC), Amadou Clémence reçoit Laurence Maquiaba, élue à Morne-à-l'Eau et militante de l’Alyans Nasyonal Gwadloup (ANG). Dépassement des logiques d'appareil, vision de l’émancipation citoyenne, leviers fiscaux et transformation du modèle éducatif : décryptage d'un échange sans filtre sur le cap à donner au territoire.

1. L'engagement politique par l'émancipation : refuser la logique d’appareil

Venue du monde de l’entrepreneuriat et de l'action culturelle, Laurence Maquiaba incarne cette génération qui a fait le choix de s’investir directement dans l’arène publique pour rompre avec l’électoralisme traditionnel. Pour l'invitée, s'engager au sein de l'ANG répond à une nécessité : celle de bâtir une gouvernance horizontale et transparente où chaque citoyen prend sa part de responsabilité.

« S’émanciper, ce n’est pas attendre qu’on nous libère. C’est s’organiser nous-mêmes, à partir de ce que nous sommes, dans le cadre qui est le nôtre pour construire ce qui nous ressemble. »

Cette approche questionne la manière dont le personnel politique local se structure. Contre la personnalisation excessive du pouvoir communal et les désignations de listes opaques, elle défend une politique de coconstruction où les élus assument des désaccords constructifs plutôt qu'une allégeance mécanique à une tête d'affiche.

2. Sortir du piège 73 vs 74 : le statut comme moyen, non comme fin

Alors que les débats institutionnels s’articulent souvent autour d’articles constitutionnels (article 73 ou article 74), Laurence Maquiaba invite à déplacer le curseur. L'enjeu prioritaire n'est pas la mécanique juridique en soi, mais ce que le territoire compte en faire.

Reprenant une métaphore concrète : « Si vous voulez bâtir une maison, vous achetez un marteau. Le problème n'est pas le marteau, mais ce que vous voulez construire avec. »

Pour l’ANG, la discussion doit porter sur les compétences réelles et les blocages du quotidien :

  • La maîtrise fiscale et économique : Adapter l'octroi de mer et les droits de douane aux réalités de l'archipel, protéger la production locale et favoriser la transformation agroalimentaire sans lourdeurs administratives superflues.
  • Le système éducatif et la formation : Répondre à l'urgence des sorties scolaires sans qualification et intégrer l'histoire et la culture guadeloupéenne (notamment le gwo ka) au cœur d'un socle d'apprentissage émancipateur.
  • La sanctuarisation du foncier : Capitaliser sur les singularités historiques et foncières de la Guadeloupe pour soutenir l'agriculture paysanne face aux crises sanitaires et alimentaires.

3. Dialoguer entre Guadeloupéens avant de regarder vers Paris

Interrogée sur les calendriers nationaux et les échéances parisiennes, la conseillère municipale rappelle que l'entente collective locale doit précéder toute négociation externe. Si l'ANG a participé aux travaux des commissions et aux réunions préparatoires du Congrès des élus, Laurence Maquiaba pointe le flou persistant autour de certaines revendications (notamment la révision du droit du travail) qui nécessite d'être clarifié publiquement devant la population.

Qu'il s'agisse des relations historiques avec le LKP, des divergences programmatiques avec les partis traditionnels comme le GUSR, ou des initiatives citoyennes de terrain, la priorité reste la pédagogie populaire : permettre à la société civile de s'approprier les clés de son avenir plutôt que de subir des arbitrages lointains.

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En conclusion :

L'avenir institutionnel peut-il encore rester cantonné aux débats d'initiés ? Alors que ces choix conditionnent l'organisation de la cité et l'émancipation des nouvelles générations, quel cap commun donner aux transformations à venir ? La véritable urgence ne réside-t-elle pas, avant tout, dans la définition claire d'un projet de société partagé ?

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