Crise de l’eau en Guadeloupe : « Nous avons été médiocres, maintenant il faut assumer », tranche Adrien Baron
Au lendemain d’un Congrès de l'Eau crucial , Adrien Baron, maire de Sainte-Rose et président de la CANBT, était l’invité d’Amadou CLÉMENCE dans l'émission 8matin sur MMC. Sans fioritures ni langue de bois, l’élu a dressé un bilan sans concession de la gestion de l'eau dans l'archipel. Appelant la classe politique à rompre avec les accusations stériles, il présente les quatre résolutions majeures adoptées pour sortir durablement de cette crise de service public.
Rompre avec la culture du « c’est pas moi, c’est l’autre »
Invité à s'exprimer sur les retombées du Congrès, Adrien Baron a immédiatement choisi de poser les cartes sur la table. Pour lui, la responsabilité de la crise de l'eau est collective, partagée entre les élus locaux successifs et l'État. Il refuse d'ailleurs d'en exonérer quiconque :
« Les politiques cherchent toujours des coupables, jamais eux-mêmes. C’est toujours "c'est celui qui était là avant moi". [...] Nous avons été médiocres sur le dossier de l'eau, la preuve en est la situation aujourd'hui. »
Pratiquant une autocritique directe, il estime que face à l'exaspération légitime des Guadeloupéens, les dirigeants doivent assumer le passif pour pouvoir enfin construire l'avenir.
Les 4 résolutions clés pour restructurer l’eau
Bien qu'il rappelle qu'il n'existe aucune « baguette magique », le président de la CANBT a détaillé les quatre leviers d'action votés par les élus pour redresser la barre :
- Un SMGEAG en « rémission » pour 5 ans : Le syndicat unique est qualifié de grand malade. L'objectif immédiat est de stabiliser sa structure pour le rendre viable d'ici cinq ans.
- Dégraissage et contrôle des performances : Le syndicat va se délester de 80 agents afin d'alléger une masse salariale étouffante. En parallèle, des indicateurs rigoureux de performance et de contrôle opérationnel — jusqu'ici inexistants — vont être intégrés.
- Le financement du déficit : Un accord de principe a été affiché pour que l’État et les collectivités locales participent directement au refinancement des pertes financières du syndicat.
- Une loi d’intérêt national : Les élus proposent de soumettre à l’État un texte de loi d'exception. L'enjeu est de faire entrer la problématique de l'eau en Guadeloupe dans le cadre des grands projets d'intérêt national pour débloquer des financements majeurs.
Un appel au lobbying intensif à Paris
Pour que cette proposition de loi d'intérêt national devienne une réalité, Adrien Baron ne veut pas se reposer uniquement sur le travail des parlementaires locaux. Il lance un appel à l'ensemble des décideurs guadeloupéens :
« Nous avons plein de politiques qui vont se balader en France. Qu’ils profitent d'être là-bas pour faire du lobbying auprès des ministères, des fonctionnaires et des décideurs en charge ! Tout le monde doit se mouiller sur ce dossier. »
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En conclusion :
Conclusion : de la patience et de la méthode Si les résolutions prennent effet immédiatement, le changement ne se fera pas ressentir dès ce matin au robinet. Adrien Baron invite les usagers à la patience, promettant des résultats progressifs au cours des prochains mois. Il place notamment sa confiance dans la rigueur de Henri Yacou, le nouveau président du SMGEAG, dont il a salué le profil de gestionnaire (ancien directeur de la CGSS). Interrogé enfin sur son propre statut d'« homme fort » et sur d'éventuelles ambitions pour la Région, le maire de Sainte-Rose a préféré jouer la prudence : « Parler a un prix en Guadeloupe. Je n'ai pas d'ambition démesurée, je ne suis pas un glouton du pouvoir. Je serai là où le peuple guadeloupéen me demandera d'être ».
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