1. Éducation et jeunesse : le cri d’alarme face à la dégradation des moyens
Interrogé sur les récents blocages menés par les lycéens, Christian Baptiste apporte un soutien franc et sans détour à la mobilisation. Pour le député, cette colère ne surgit pas de nulle part : elle prend racine dans un sentiment d'abandon bien réel, partagé dans plusieurs territoires ultramarins (Guyane, Mayotte).
- Des conditions d’études dégradées : Manque d'enseignants titulaires, cours non assurés sur plusieurs mois et salles non adaptées.
- La logique comptable dénoncée : Le député fustige une gestion par « tableau Excel » où la baisse démographique sert de prétexte à des suppressions de postes (environ 200 postes d'enseignants supprimés en début d'année en Guadeloupe), au lieu de profiter de la situation pour réduire la taille des classes et améliorer le suivi pédagogique.
2. Eau potable : pourquoi avoir voté contre la résolution du Rassemblement National ?
C'était l'un des sujets chauds de l'actualité parlementaire : le vote contre une proposition de résolution portée par le RN sur l'accès à l'eau dans les Outre-mer. Christian Baptiste explique sa démarche sur le plan juridique et politique :
- Aucune valeur contraignante : Une proposition de résolution n’a pas force de loi. Elle n'engage ni budget, ni calendrier, ni obligations juridiques pour l'État ; il ne s'agit que d'une simple déclaration d'intention.
- Une manœuvre de communication : Le député qualifie cette initiative « d'insulte » et d'opération d'affichage électoraliste, rappelant qu'en parallèle, ce même parti n'a pas voté les amendements budgétaires concrets portés par les parlementaires ultramarins lors des crises récentes.
- La réponse attendue : Pour Christian Baptiste, l'urgence exige une Opération d’Intérêt National (OIN) directement inscrite au Projet de Loi de Finances (PLF), appuyée par des crédits sonnants et trébuchants.
3. Budget de l'État : l'étau des coupes budgétaires sur nos collectivités et associations
En tant que rapporteur spécial du budget Outre-mer, Christian Baptiste alerte sur les coupes annoncées par le gouvernement et les blocages administratifs :
- Des crédits gelés sur le logement : Sur la Ligne Budgétaire Unique (LBU), alors que la demande de logements explose, une part importante des crédits votés reste bloquée ou gelée administrativement par l'État central, limitant les réalisations de terrain.
- L’impact direct sur le quotidien : La baisse programmée des dotations de soutien (fonds d’investissement FEI, contrats COROM pour les communes en difficulté) menace directement les écoles, les voiries communales et les équipements structurants.
- Le tissu associatif en danger : Les coupes fragilisent les structures de terrain qui pallient les carences de l'État, en première ligne auprès des familles vulnérables et des femmes victimes de violences.
4. Statut et responsabilité : l'impératif de l'autonomie politique et fiscale
Au-delà de la bataille budgétaire, le député réaffirme la ligne politique du PPDG : le modèle issu de la départementalisation de 1946 a atteint ses limites.
- Sortir du système de compensation perpétuelle : Les suppressions successives de leviers fiscaux locaux (taxe professionnelle, taxe d'habitation) ont privé les collectivités de marges de manœuvre, les rendant dépendantes du bon vouloir de Paris.
- L'autonomie comme outil d'émancipation : Pour Christian Baptiste, revendiquer l’autonomie ne relève pas de la posture idéologique, mais d’un besoin pragmatique : donner aux élus et aux citoyens guadeloupéens le pouvoir de décider de leur fiscalité, de leurs priorités économiques et du développement de leur archipel.
5. Sécurité et lutte contre la violence : l’appel à un sommet territorial d’urgence
Face au fléau de l’insécurité et à la prolifération des armes à feu qui endeuillent régulièrement l'archipel, Christian Baptiste formule un appel solennel en fin d'entretien :
- L’urgence d’un sommet sécuritaire territorial : Le député préconise de réunir sans délai l'ensemble des forces vives du territoire — maires, parlementaires, services préfectoraux, justice, police, gendarmerie et acteurs associatifs — au sein d'un sommet dédié pour briser le travail en vase clos.
- Un plan d'action global et coordonné : Pour sortir des réponses purement ponctuelles, il réclame une stratégie commune alliant fermeté répressive (renforcement des contrôles aux frontières maritimes pour juguler l'entrée des armes, moyens d'enquête accrus) et prévention renforcée (soutien éducatif, réinsertion, accompagnement ciblé des jeunes en déshérence) afin d'attaquer les racines profondes de la violence.
.png)














